Carnet de voyage du trek au Maroc 2012, simple mais avec quelques photos

 

Dimanche 25 novembre

Lever avant l’aube pour retrouver l’équipe des marcheurs fous dans le bus, direction Orly. Sauf que Orly, c’est Orly Sud, ou Orly Ouest ? Et le dépose-minute pour les bus c’est où ? Le voyage commence par une heure d’avance rattrapée en tours autour de l’aéroport, voire autour des pistes dans les bas-fonds des zones industrielles, avant de débarquer tous au niveau des navettes … la question reste entière : mais où peut-on donc débarquer les passagers d’un bus dans cet aéroport ?

Terres d’aventure nous attend au comptoir, distribution d’étiquettes et de billets électroniques. Ensuite la Royal Air Maroc nous sort le grand show avec un repas chaud (non prévu), et même bon. Rien à voir avec la nourriture Air France, pour ceux qui ont l’habitude de voyager.

Arrivée à Ouarzazate après avoir survolé des paysages magnifiques, l’Atlas sous les neiges, des plaines désertiques, un grand lac et un barrage. Belle vue sur la courbure de la terre, elle est bien ronde, c’est confirmé.

 

L’avion se pose sur une piste au milieu de nulle part.

 

Nos guides préférés, les meilleurs du monde, paraît-il, nous attendent patiemment avec leurs petites pancartes et nous emmènent à l’hôtel. Saïd s’occupera du groupe « sens normal » et Brahim du groupe « sens inverse » (quoi, on est les anormaux, nous ?).

Certains s’installent, d’autres vont flâner dans la ville pour s’imprégner des couleurs locales. Nous sommes arrivés un jour férié, le jour de l’Aumône, un des piliers de l’Islam. Le musulman est tenu de calculer chaque année lunaire le montant de l’aumône selon son chiffre d’affaires et de le donner aux plus pauvres dans son pays de résidence. C’est pourquoi nous voyons beaucoup d’enfants dans les rues jouer de la musique et tendre la main. Fait marquant, ils tendent la main aux marocains, mais pas à nous touristes étrangers attablés autour d’un coca ou d’une gazouz (eau gazeuse).

Le repas est pris à l’hôtel, qui propose un buffet correct.

Lundi 26 novembre

Après une bonne nuit de sommeil, départ tôt le matin, on charge les voitures et on prend la route vers le Sud. Le trajet nous emmène dans un paysage montagneux à l’assaut du col de 1600 mètres, qu’il faut passer pour ensuite redescendre vers le désert. On s’en prend déjà plein les yeux avec les paysages entre palmeraies et montagnes.

  • Pause-déjeuner au milieu de nulle part pour prendre un sandwich
  • Pause stop sur un point panoramique très joli
  • Pause boutique pour acheter des chèches pour ceux qui n’en ont pas.

La dernière pause nous avait parue un peu catapultée, dans le stype attrape-nigaud pour touristes. Les deux groupes se sont arrêtés dans la même boutique pour acheter des chèches. Mais personne n’a forcé la main à personne pour l’achat et le vendeur n’a pas tenté de nous vendre autre chose dans sa boutique pourtant bien fournie. Et les vents de sable futurs n’ont pas laissé de doutes … c’était utile.

Arrivés au bout de la route, littéralement le bout, là où il n’y a plus de goudron tout d’un coup, à M’Hamid pour notre groupe « pas normal », les chameliers nous attendent. On fait les présentations, tout le monde se salue, on décharge les sacs des voitures vers les chameaux. C’est parti pour la première balade.

Après une heure ou deux de marche, arrivée au campement où les tentes et les chameaux nous attendent déjà, c’est magique.

Nous découvrons l’organisation Terre d’aventures :

  • une grande tente pour les repas
  • une petite tente pour la cuisine
  • une tente pour une ou personnes à monter soi-même chaque soir et à démonter chaque matin
  • une mini-tente à l’autre bout du campement pour l’intimité
  • un thé à la menthe à chacune de nos arrivées quelque part

Les repas se font sous la grande tente, assis sur les matelas, les nattes servent de table. Notre cuisinier, Mohamed, est bien le meilleur cuisinier du monde, comme indiqué dans la brochure de Terres d’aventure : entrée sous forme de soupe chaude, plats avec féculents, légumes cuisinés au cumin et au gingembre, viande ou poulet, fruits en dessert. Nous nous sommes régalés.

Pour la première nuit dans le désert, certains hésitent pour dormir à la belle étoile. La journée était assez nuageuse, Brahim notre guide n’a pas l’air super enthousiaste, tout le monde dormira sous la tente cette nuit … et c’était une très bonne idée, puisqu’une petite pluie nous a rafraîchis pendant la nuit. Au matin, Brahim nous dit que c’est signe de chance pour notre voyage.

Mardi 27 novembre

Le matin, après le réveil berbère, nous nous habillons et remballons les tentes avant de pouvoir prendre le petit déjeuner sur des nattes au soleil. Les températures sont un peu fraîches, on supporte un pull, mais c’est agréable sous le soleil.

 

Puis commence la première vraie journée de marche  ….à travers palmeraies, villages en pisé, et dunes de sable.

Les ksars sont des villages fortifiés en pisé (grosses briques de terre compressée, recouvertes d’un enduit de terre et de paille). Chaque ksar possède une place centrale où se réunissent les assemblées qui décident de la gestion des affaires courantes et des relations avec les autres ksars pour le partage de l’eau.

Belle marche entre dunes et plateaux.


On compare nos ampoules, on sort les COMPEED = pansements magiques qui arrivent à tout faire, anesthésier, guérir, empêcher de nouvelles ampoules de se former.

Et CAROTTE !, on s’éclate le soir entre le Dobble et le Time’s Up.

La pleine lune accompagne nos nuits depuis le début, et jusqu’à la fin.


Mercredi 28 novembre

La journée démarre par quelques dunes puis une longue marche sur un plateau caillouteux : chacun trouve son bonheur entre les gros cailloux verts, les petits cailloux colorés, les cailloux cassés en tranches par le soleil et le gel de la nuit.

Un peu avant midi, on se demande si on va manger au milieu de nulle part en plein soleil … jusqu’à ce qu’on aperçoive un arbre tout seul au milieu de nulle part. A l’ombre de l’arbre nous attendent Mohamed avec sa cuisine portative, le chameau et le chamelier (Mohamed aussi). Nous en profitons pour faire une sieste.

La journée est très longue. Le trajet finit dans un grand cordon dunaire où nous retrouvons l’autre groupe. Les deux campements sont installés parallèlement l’un à l’autre.

Le soir, l’équipe de Terres d’aventure nous a préparé plusieurs surprises :

  • du pain cuit sous la dune de sable, tout chaud
  • un feu de camp pour la soirée
  • une danse autour du feu où les chants berbères et français se succèdent (et là on se rend compte de la pauvreté du répertoire français ..)

Nous passons tous une très bonne soirée au clair de lune et une bonne nuit dans la fraîcheur des dunes. Certains se la font à la belle étoile dans le creux d’à côté.

 

Jeudi 29 novembre

Journée de marche dans les dunes, le long des montagnes. Déjeuner dans la palmeraie sous les palmiers.

 

 

Vendredi 30 novembre

Nous avons la chance de passer dans un village le jour du marché. Nous en profitons pour faire quelques emplettes : safran, épices, mélange de cachuètes, figues, dattes.

Et au déjeuner, surprise ! Nous avons des yaourts bien frais au dessert ! Achetés à la boutique du village.

L’après-midi, la longue balade prévue est écourtée, le vent se levant au loin. Nous pensons aux autres qui sont dans les dunes et subissons la tempête de sable, à l’abri dans la grande tente. C’est l’occasion de ressortir les jeux et de faire jouer Mustapha.

A la tombée de la nuit, le vent se calme un peu, le temps de nous laisser monter les tentes, et bien les arrimer au sol.La tempête reprendra pendant la nuit et dérangera le sommeil de certains … Un seul arceau casse pendant la nuit, ces tentes, c’est du solide.

 

Samedi 1er décembre

C’est le dernier jour de marche. Plus de vent, ouf !

Brahim nous apprend à faire le thé à la menthe, façon berbère.

La recette (si je me souviens bien) :

Faire chauffer de l’eau. Prendre du thé vert chinois type Gunpowder et en mettre dans la théière. Rincer le thé dans la théière en versant un verre d’eau dedans, et garder le premier jus (l’âme du thé). Le fait de mouiller les feuilles en boules les fait s’ouvrir. Deux autres rinçages permettent de nettoyer le thé de sa poussière. Ensuite, remplir la théière d’eau chaude, y mettre un gros morceau de sucre (un cône de sucre cassé en gros morceaux, sinon plusieurs morceaux de sucre comme chez nous) et la remettre sur le feu cinq minutes. Puis ajouter encore du sucre et de la menthe fraîche, et laisser infuser une ou deux minutes. Remettre  l’âme du thé dans le thé. Remplir un verre de thé et le reverser dans la théière, trois fois, ceci afin d’oxygéner le thé. Puis c’est prêt, servir en faisant remonter très haut la théière, pour que le thé s’oxygène et mousse un peu.

Puis les chameliers nous proposent de faire un tour en chameau. Il faut avoir les reins solides pour monter et garder l’assiette sur un chameau en mouvement.

Une petite marche le long de la palmeraie puis dans des canyons caillouteux avant de retrouver les voitures qui nous attendent au milieu de nulle part. Florent et Damien se tentent l’ascension des montagnes, d’où la magnifique photo vue d’en haut.

 

 

Nous reprenons la route et retrouvons l’autre groupe dans un restaurant « ecolodge », qui utilise uniquement des produits locaux et reverse les bénéfices pour la restauration du ksar.Les tajines sont excellents. Petite balade dans le ksar avant de repartir vers Ouarzazate et les douceurs de la ville. Les filles rêvent d’un hammam bien chaud …

 

Dimanche 2 décembre

Le Maroc c’est fini. Tout le monde se rue sur le centre-ville pour les emplettes de souvenirs et cadeaux avant le déjeuner à l’hôtel.

 

 

 

Puis vous connaissez la suite : aéroport, avion, bus, maison, des étoiles plein les yeux ….

Je n’ai pas parlé :

  • des courses folles dans le sable et des « sauter » de dunes
  • des apéros du soir
  • des crises de panique quand un scarabée s’invite dans la tente
  • des problèmes gastriques et articulaires
  • de la compétition intense au Dobble ou au Time’s Up où le meilleur, c’est celui qui gagne ! (et le propriétaire du jeu se retrouve avec un jeu un peu abîmé)
  • des appels et sms des mamans (et oui ça captait souvent …)
  • de la longueur de la file de marcheurs, entre ceux qui courent devant, ceux qui traînent derrière
  • des jeux olympiques France-Maroc où les français se sont bien défendus au relais face à des marocains en djellabas et sandales (qui nous ont un peu battus quand même)

Bref, de tous ces moments qui font le sel d’un voyage comme celui-là, où l’on apprend à vraiment connaître les gens et à les apprécier. Et la Ola pour notre groupe …

Merci à tous les photographes dont les photos ont servi à illustrer ce petit carnet de voyages. Merci à tous les participants pour leur bonne humeur pendant les marches et les soirées, cette semaine de trek était très réussie ! Merci à Brahim, Mustapha, les 3 Mohamed et Saïd qui nous ont accompagnés. Et merci à Cécile qui a eu la bonne idée de nous proposer cette aventure et qui s’est démenée pour que tout se passe bien.

Une petite pensée pour la valise d’Anne, perdue quelque part entre les palmiers de Ouarzazate et la grisaille du Nord, en espérant qu’elle retrouve son chemin.

Alors, le prochain voyage de l’amicale, ça vous tente ?

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